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	<title>BCG : le blog sans Japon... ou presque! ;) &#187; rentable</title>
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	<description>ou "le Japon à doses homéopathiques"</description>
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		<title>Séparer le rentable du non-rentable : la maladie du siècle</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Sep 2009 01:57:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>bcg</dc:creator>
				<category><![CDATA[bêtise humaine]]></category>
		<category><![CDATA[micro-économie]]></category>
		<category><![CDATA[économie]]></category>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;JAL &#8211; Les créanciers veulent séparer le rentable du reste.&#160;&#187; (Journal Nikkei, Japon) Voilà bien une des maladies du siècle : vouloir &#171;&#160;à tout prix&#160;&#187; séparer le rentable du non-rentable. On nous parle en France de &#171;&#160;lignes rentables&#160;&#187; et de &#8230; <a href="http://christian.bouthier.org/2009/09/22/separer-le-rentable-du-non-rentable-la-maladie-du-siecle/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;JAL &#8211; Les créanciers veulent séparer le rentable du reste.&nbsp;&raquo;</em> (Journal Nikkei, Japon)<br />
<strong>Voilà bien une des maladies du siècle : vouloir &laquo;&nbsp;à tout prix&nbsp;&raquo; séparer le rentable du non-rentable.</strong><br />
On nous parle en France de &laquo;&nbsp;lignes rentables&nbsp;&raquo; et de &laquo;&nbsp;lignes non-rentables&nbsp;&raquo; aussi bien à la SNCF que pour des compagnies aériennes.<br />
Même si la logique économique correspond à quelque chose de bien réel -la nécessité pour une entreprise d&#8217;être viable financièrement, et qui peut certainement sembler nécessaire <strong>en ne considérant que la partie d&#8217;un problème</strong>, je crois que cela relève de ce que l&#8217;on appelle communément &laquo;&nbsp;ne pas voir plus loin que le bout de son nez&nbsp;&raquo;.<br />
Car &laquo;&nbsp;non-rentable&nbsp;&raquo; à court terme pour une entreprise ne signifie pas pour autant que le maintien d&#8217;une activité n&#8217;apportera pas un minimum de richesses -au sens le plus large possible de ce mot- à une communauté, une ville, une région, un pays.<br />
Dans le Sud-Ouest, par exemple, il existait autrefois une ligne de chemin de fer allant de Bordeaux à Mont-de-Marsan en passant par Labrit (un tracé différent de l&#8217;actuel). Elle a été supprimée vers la fin des années 50 ou au début des années 60 parce que non-rentable. En remplacement, on a mis une ligne de cars -privée- qui, elle aussi a été supprimée plus tard, car car non-rentable.<br />
Résultat, de nombreux villages des Landes comme Labrit, et bien d&#8217;autres situés sur la ligne et alentours, n&#8217;ayant aucun moyen de transport en commun à leur disposition et une économie locale n&#8217;ayant pas de circulation stable, comme un poumon ou un membre n&#8217;ayant plus de &laquo;&nbsp;circulation&nbsp;&raquo;.<br />
Mais est-ce qu&#8217;on ampute un membre n&#8217;ayant qu&#8217;une faible circulation? Non! Car on considère l&#8217;ensemble du corps, du système et qu&#8217;il y a une solidarité entre les membres.<br />
En poussant la logique économique à son extrême, on doit normalement supprimer des tronçons de ligne. C&#8217;est d&#8217;ailleurs déjà fait en de nombreux endroits. Mais ce phénomène pourrait s&#8217;accentuer à l&#8217;extrême! On verra bientôt peut-être un Paris-Montpellier morcelé en tronçons &laquo;&nbsp;train rentable&nbsp;&raquo; et en d&#8217;autres qu&#8217;il faudra faire à pied, ses valises à la main&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai un petit exemple où l&#8217;on n&#8217;a pas supprimé du soi-disant &laquo;&nbsp;non-rentable&nbsp;&raquo; et où ça continue à bien fonctionner, et même, ça fonctionne mieux.<br />
Le Centre Culturel rattaché à mon université, à Matsudo (Japon), dispense des cours pour le grand public. Il y a quelques années, j&#8217;ai fait développer le nombre de cours de français afin d&#8217;en élargir l&#8217;offre. Ceci a permis de passer d&#8217;un seul cours avec 30 personnes (et une dizaine en liste d&#8217;attente!) à 6 ou 7 cours de niveaux variés permettant de mieux répondre à la demande du public. Dans le même temps, j&#8217;ai négocié directement avec le directeur du Centre Culturel, sur la base d&#8217;une forte demande des élèves, afin de limiter le nombre d&#8217;élèves à 25 par cours (depuis quelques années, ramené à 18 ou 20).<br />
Nous avons ainsi pu avoir des cours comprenant entre 10 et 25 élèves, apportant un niveau de satisfaction élevé des utilisateurs si l&#8217;on en juge par les résultats des enquêtes réalisées après chaque session de formation de 3 mois. Et, rien que pour le français et ses disciplines connexes,  nous avons eu jusqu&#8217;à 89 clients pour un seul trimestre.<br />
Parfois, il a été question de supprimer des cours ayant moins de 10 élèves inscrits. J&#8217;ai alors demandé aux responsables de considérer la rentabilité pour l&#8217;ensemble des cours de français sur une année et de conserver les cours qui leur semblaient moins rentables -ou non-rentables- car, selon moi, ils présentaient au moins 2 avantages:<br />
- leurs étudiants sont des étudiants potentiels pour d&#8217;autres cours ;<br />
- conserver un cours permet d&#8217;apporter une satisfaction aux élèves qui en bénéficient (ne serait que par la continuité du service!) qui rejaillit positivement sur l&#8217;ensemble du système.<br />
Cette argumentation a été entendue et certains cours ont vu leur nombre d&#8217;élèves descendre à 4 pour certains trimestres!<br />
Le temps me manque pour apporter une conclusion mais je crois que ces modestes exemples sont assez éloquents et montrent bien qu&#8217;il ne faut pas aborder les problèmes en les coupant de leur environnement. C&#8217;est, du reste, une question de simple bon sens.</p>
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